La cité perdue de Z : le voyage fatal de Percy Fawcett en Amazonie
📷 Ivo Brasil · Pexels✦ Points clés
- Percy Fawcett était un explorateur britannique disparu en 1925 en cherchant une cité qu'il nommait « Z » dans la jungle brésilienne.
- Fawcett, son fils et leur compagnon ne furent jamais retrouvés, et les recherches ultérieures coûtèrent la vie à d'autres.
- Ses pairs raillaient son idée, mais l'archéologie moderne a révélé de véritables cités et réseaux routiers en Amazonie.
- Z n'était pas ce que Fawcett imaginait, mais son intuition de sociétés complexes en forêt s'est avérée en partie juste.
Au printemps 1925, le colonel Percy Harrison Fawcett dit adieu au monde civilisé et s'enfonça dans l'Amazonie brésilienne avec son fils Jack et l'ami de celui-ci, Raleigh Rimell. Il poursuivait une obsession unique qui l'habitait depuis des années : une grande cité antique qu'il ne désignait que par une lettre mystérieuse, « Z ». Fawcett croyait que, quelque part dans cette immensité verte et étouffante, se dressaient les ruines d'une civilisation avancée que le monde avait oubliée — une cité de pierre, de tours et d'inscriptions, attendant qu'on la réveille. Puis la jungle l'engloutit, avec les deux jeunes gens, et aucun des trois n'en ressortit jamais.
La disparition de Fawcett ne fut pas la fin de l'histoire, mais son commencement. L'homme qui marcha vers sa propre mort devint une énigme qui attira explorateurs, journalistes et rêveurs pendant des décennies, dont beaucoup s'évanouirent sur la même piste. Mais le plus étrange est ceci : l'idée que ses collègues raillaient — que de grandes cités gisaient enfouies en Amazonie — n'était pas tout à fait folle. Commençons par le commencement.
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Qui était Percy Fawcett ?
Né en 1867 et formé comme officier de l'armée britannique, Fawcett trouva sa véritable vocation dans les cartes plutôt que dans les casernes. Au début des années 1900, la Royal Geographical Society l'envoya arpenter la frontière contestée entre la Bolivie et le Brésil, et il passa des années à cartographier des régions où aucun Européen n'avait jamais pénétré. Il acquit une réputation quasi mythique : un homme qui supportait la fièvre, la faim et les rivières traîtresses avec une endurance presque surnaturelle, revenant vivant là où d'autres périssaient.
Au fil de ces expéditions, une conviction s'ancra en lui. Il vit de ses yeux des ruines, des poteries et d'anciennes chaussées, et entendit des récits indigènes sur des cités abandonnées au cœur de l'intérieur. Lorsqu'il découvrit dans les archives de Rio de Janeiro un document portugais de 1753 décrivant une cité de pierre en ruine découverte par des chercheurs de trésors sur les hauteurs, le rêve se cristallisa. Fawcett la baptisa « Z », et la trouver devint la grande obsession de sa vie.
La dernière expédition
Après des tentatives ruinées par la Première Guerre mondiale et la maladie, Fawcett réunit des fonds auprès de mécènes de Londres et de New York. Cette fois, il choisit délibérément une équipe minuscule : lui-même, son fils Jack, âgé de 21 ans, et l'ami de Jack, Raleigh Rimell. Fawcett estimait qu'un petit groupe agile se déplacerait et survivrait mieux qu'une grande caravane qui éveillerait les soupçons et épuiserait les vivres.
Fin mai 1925, il envoya son dernier message depuis un lieu qu'il nommait « Dead Horse Camp », rassurant son épouse Nina qu'ils s'apprêtaient à entrer en terre inconnue. Ses mots étaient confiants : « N'ayez aucune crainte d'un échec. » Puis les nouvelles cessèrent tout simplement. Aucune autre lettre n'arriva, aucune trace n'apparut. Le silence se referma sur les trois hommes comme si la forêt avait fermé la bouche.
Les recherches et l'énigme ouverte
La disparition enflamma l'imagination du monde. Les journaux financèrent des expéditions, des aventuriers se portèrent volontaires de partout, et les théories se multiplièrent : des tribus hostiles l'avaient tué, ou il était mort de faim et de fièvre, ou — dans les versions les plus folles — il avait choisi de rester pour vivre en roi parmi les autochtones, ou en gardien d'une cité secrète. On estime qu'une centaine de personnes moururent dans les décennies suivantes en tentant de retrouver Fawcett ou son sort, si bien que la recherche devint plus meurtrière que son aventure elle-même.
Des « indices » surgissaient de temps à autre : une boussole, des ossements, des récits d'un vieil homme blanc ou d'un garçon aux yeux bleus vivant parmi des tribus lointaines. Rien ne résista à l'examen. La vérité la plus probable, selon la plupart des chercheurs, est que le groupe périt dès 1925 — soit tué par une communauté locale dont ils avaient pénétré le territoire sans permission, soit détruit par la faim, la maladie et l'épuisement. Le lieu exact de leur mort demeure inconnu à ce jour.
« Z » a-t-elle existé ?
Ici, l'histoire bascule de façon stupéfiante. Les experts de l'époque de Fawcett tournèrent son idée en dérision. Une conviction solide régnait : le sol amazonien était trop pauvre pour nourrir de grandes sociétés, la forêt était un « paradis trompeur » ne pouvant abriter que de petites tribus dispersées. L'archéologie moderne a renversé ce tableau.
Dans la région du Haut-Xingu au Brésil, l'archéologue Michael Heckenberger révéla au tournant du millénaire les vestiges d'établissements interconnectés, dont certains antérieurs à l'arrivée européenne : des villages défendus par des fossés, reliés par de larges routes rectilignes, avec des champs, des viviers et des places organisées attestant de communautés de plusieurs milliers d'habitants. Puis les relevés LiDAR — un radar laser aéroporté — de la dernière décennie mirent au jour, sous la canopée, des réseaux de tertres, de canaux et de chaussées en Bolivie et au Brésil, ainsi que de vastes établissements urbains de faible densité florissants des siècles avant la colonisation.
Z n'était pas la cité de pierre aux tours qu'imaginait Fawcett. Les civilisations amazoniennes bâtissaient avec le bois, la terre et les plantes, si bien que leurs traces visibles se dissolvaient vite dans un climat qui dévore tout. Mais le cœur de son intuition — que la forêt avait abrité de grandes sociétés organisées et non des primitifs épars — est aujourd'hui une science solidement établie. Fawcett avait tort sur les détails et raison sur l'intuition, et il paya de sa vie une question dont il ne vit jamais la réponse.
Pourquoi l'histoire perdure
La tragédie de Fawcett distille la tension éternelle entre la passion et l'orgueil. Il était d'un courage sans bornes, mais sa foi absolue le conduisit, lui et son fils, à la mort dans une terre impitoyable. Et pourtant, ce qui le maintient dans la mémoire n'est pas son échec, mais qu'un siècle entier plus tard, la science soit revenue dire : il y avait du vrai dans ton intuition. L'Amazonie ne fut jamais un désert sauvage. Elle abrita des civilisations effacées par le temps et par la maladie européenne avant même que l'histoire écrite ne les vît.
Sources
Cet article s'appuie sur des documents de l'Encyclopædia Britannica concernant Percy Fawcett et l'exploration de l'Amazonie, ainsi que sur des reportages de la BBC et du Smithsonian Magazine sur l'archéologie moderne du bassin amazonien, les travaux de Michael Heckenberger et les relevés LiDAR d'établissements précolombiens.
Questions fréquentes
Qui était Percy Fawcett et que cherchait-il ? Percy Fawcett était un explorateur britannique et ancien officier né en 1867, célèbre pour avoir cartographié des régions inexplorées d'Amérique du Sud. Il cherchait une grande cité antique qu'il nommait « Z », qu'il croyait enfouie dans l'Amazonie brésilienne.
Quand et où Percy Fawcett a-t-il disparu ? Fawcett disparut en 1925 dans la région du Mato Grosso, en Amazonie brésilienne, lors de sa dernière expédition avec son fils Jack et son compagnon Raleigh Rimell. Son dernier message provint d'un lieu qu'il nomma « Dead Horse Camp ».
A-t-on retrouvé Fawcett et ses compagnons ? Non. Aucun d'eux ne fut jamais retrouvé malgré des dizaines d'expéditions de recherche. La plupart des chercheurs pensent que le groupe périt en 1925, tué par une communauté locale ou détruit par la faim et la maladie.
La cité perdue de Z a-t-elle existé ? Z n'était pas la cité de pierre aux tours qu'imaginait Fawcett, mais l'archéologie moderne a révélé de vastes cités et réseaux routiers bâtis en bois et en terre dans l'Amazonie précoloniale, donnant en partie raison à son intuition.
Comment les scientifiques ont-ils découvert les cités perdues de l'Amazonie ? Les archéologues ont utilisé des fouilles de terrain, comme les travaux de Michael Heckenberger dans le Haut-Xingu, puis les relevés LiDAR — un radar laser aéroporté qui a révélé des réseaux de tertres, de canaux et de chaussées cachés sous la canopée.